Le budget de rattrapage post-électoral de M. Destot

Le vote de ce lundi 15 décembre 2008 en Conseil municipal peut se qualifier d’historique.
Historique parce qu’il marquera évidemment les Grenoblois tant le sentiment d’injustice est profond face aux mensonges dont ils ont été les victimes.
Historique de par le coup d’assommoir qui va les frapper pour de nombreuses années.
Face à la période difficile que nous connaissons et que chaque foyer Grenoblois connaît, la réponse que Monsieur Destot apporte à nos difficultés n’est autre que celle d’une municipalité qui n’a pas pris la mesure des craintes et des attentes des habitants de notre ville.
L’augmentation des impôts qu’ils nous proposent au travers de ce budget est injustifiée et injustifiable. Cette augmentation va frapper plus de 80 % des grenoblois.
Outre l’augmentation de la taxe d’habitation, de la taxe foncière, la municipalité prévoit toute une série de petites augmentations qui frapperont de plein fouet le portefeuille des grenoblois : sur le stationnement, sur l’eau, sur les droits de place, sur les droits de voierie, etc…
Avec pour justification une phrase inique du premier adjoint, je cite: "ces augmentations interviennent en début de mandat, il ne devrait pas en avoir d’autre."
Cette augmentation intervient certes en début de mandat, sans doute dans l’espoir que les grenoblois oublieront ce qui s’est passé ce jour mais aussi qu’ils oublieront la promesse que Michel Destot et son équipe leur avaient faite pendant la campagne électorale.
Ce budget 2009 prévoit une épargne de gestion supérieure à celle de 2008 de 6.70 millions d’euros alors même que ils n’ont de cesse de parler de désengagement de l’Etat.
Mais à combien correspond le montant des prises en charge par l’Etat de ces dégrèvements et exonérations ?
Les dépenses de fonctionnement sont en augmentation. Elles passent de 1460 euros par habitant à 1481 euros par habitant, alors que dans le même temps, l’effort et le niveau d’équipement baissent de quasiment 50€ par habitant. Cette situation n’est pas acceptable pour les grenoblois.
Si globalement les investissements sont en baisse de 10 %, les produits de l’augmentation des impôts augmentent eux de 13 % (hors augmentation des taxes), redevances et tarifs en tous genres. La taxe locale d’équipement augmente dans des proportions importantes, nul doute qu’elle sera répercutée sur les grenoblois. Les redevances et tarifs eux augmentent pour la plupart de 9 % .
Mais le plus surprenant dans toute cette histoire, c’est que notre ville ne se désendette pas, bien au contraire. L’encourt de dette par habitant augmente et le niveau d’emprunt nouveau d’une année à l’autre reste quasiment constant. (21,25 millions d’euros en 2008, pour 20,67 millions d’euros en 2009).Pour mémoire, je vous rappelle que les investissements baissent d’environ 5 millions d’euros.
Il faudra 4 années pour désendetter Lille, il faudra une demie année pour désendetter Toulouse, il faudra une année et demie pour désendetter Montpellier, malheureusement il faudra 7,5 années pour désendetter Grenoble.
Alors vous l’aurez compris, ce budget est en quelque sorte celui de la double peine pour les grenoblois. Avec le plus mauvais niveau d’investissement depuis 4 ans, les grenoblois vont certainement être les premiers frappés par cette baisse alors même que nous sortons des élections municipales et qu’un certain nombre de promesses de réalisations d’équipements ont été faites.
Dans le même temps, la quasi-totalité des grandes opérations d’investissement, je pense notamment au projet campus mais aussi à la politique menée par l’ANRU, sont impulsées par l’Etat. Malheureusement les économies que la majorité "caviar" cherche à réaliser (peut-être) ne se font en aucun cas sur les postes de communication, de fêtes et cérémonies, publications et réceptions qui augmentent respectivement de 30% ,de 60 %, et de 18 %.
Les grenoblois l’auront compris, la double peine existe pour eux. Non seulement les investissements sont en baisse mais l’augmentation des impôts qui va les frapper de plein fouet rendra encore plus difficile leurs fins de mois.
Ce budget est un budget de rattrapage post-électoral et nous prenons date dès aujourd’hui pour se rappeler à leur bon souvenir en 2010.